Jean 21

Réflexion

Après la résurrection et les apparitions de Jésus, les disciples se retrouvent seuls ensemble. Jésus est invisible, inaudible, imperceptible… dans ce silence Pierre décide alors de retourner à ses anciennes habitudes : aller pêcher. Et tous les autres font de même. C’est comme s’ils s’étaient dit : tant qu’a rien faire et attendre quoi au juste? Allons pêcher! Mais comme avant, ils ne prennent rien malgré toute une nuit de travail.
Au matin, quelqu’un du rivage leur lance : n’avez-vous rien pris pour combler vos besoins? Et il ajoute : jetez le filet du côté droit et vous trouverez! Ils obéissent à cet inconnu (!) et c’est la pêche miraculeuse. Il y a tant de poissons qu’ils n’arrivent pas à retirer le filet. Jean perçoit alors que c’est le Seigneur Jésus, et Pierre le réalise aussitôt. Il se jette alors dans le lac tout habillé. Les autres, plus pragmatiques, suivent en bateau avec les poissons. (1-8)

Jésus se montre à ses disciples comme celui qui prend soin de leurs besoins. Du poisson et du pain sont déjà prêts pour eux avec Sa présence autour d’un feu. Voilà de quoi réchauffer et réconforter des disciples épuisés… Sur la parole de Jésus, Pierre trouve assez de force pour tirer le filet plein de 153 gros poissons hors de la barque, et le filet ne se déchire pas. Tout devient surnaturel quand on obéit à la parole de Jésus! Bien que les disciples ne reconnaissent pas Jésus de façon physique, ils perçoivent spirituellement que c’est Lui.

Après le repas – après avoir comblé les besoins pressants et physiques des disciples – Jésus s’adresse à Pierre qui l’avait renié trois fois. –M’aimes-tu plus que les autres, Pierre? Quelle question! Pierre répond avec un autre mot grec (philéô) qui est moins fort que celui de Jésus (agapè). Et Jésus lui demande de le démontrer dans une action de «nourrir ses agneaux». Trois fois, le Seigneur pose la même question sur l’amour, sauf qu’il utilise le mot philéô la troisième fois. Et Pierre est attristé de cela. Mais Jésus lui demande le même service pour démontrer son amour envers lui. Et l’appelle à Le suivre.

Pierre suit Jésus, mais il se retourne et voit un autre disciple proche de Jésus. Il demande à Jésus ce qui lui arrivera, mais Jésus lui répond que cela n’est pas de ses affaires. Pierre ne doit pas s’occuper de l’appel de Jésus dans la vie des autres, mais de sa vie seule.

Enfin, un épilogue : la vie de Jésus est si riche et abondante que tout ne peut être écrit. C’est tout simplement trop varié et profond en signification.


Application

Face à l’apparent silence ou inaction de Jésus dans nos vies et ministères, la tentation est forte de passer à l’action, de faire quelque chose qui semble utile et nécessaire. Mais les efforts humains sont vains quand il s’agit du règne de Dieu. Efforts inutiles. Mieux vaut ne rien faire et se reposer, vaquer à la prière et la méditation des Écritures, attendre la parole vivante de Jésus dans nos cœurs. Parce que, lorsque Jésus parle et donne un ordre, bien qu’apparemment ridicule aux yeux des hommes, il est en réalité porteur de vie abondante et de gains inimaginables. C’est super naturel!
Mais attention! Si nous sommes préoccupés par nos efforts humains qui ne suffisent à accomplir une tâche énorme, nous risquons de passer à côté de la parole de Jésus, comme dans l’histoire de Marthe et Marie lorsque Marthe préparait le repas et Marie était assise aux pieds de Jésus. Il faut prendre une position intérieure claire : je vis en me basant sur mes efforts ou sur la parole de Jésus?

La façon dont Jésus prend soin de Pierre est l’exemple parfait d’un bon berger …
Il accueille celui qui l’a laissé tombé trois fois en une nuit. Il lui donne du pain, du poisson, son amitié autour du feu. Il lui donne d’accomplir un autre miracle… puis lorsque les besoins essentiels sont comblés, il va plus profond avec tendresse. Comme il a voulu que Pierre réalise le miracle des poissons en allant chercher des poissons dans la barque (v.10), il veut que Pierre réalise qu’après avoir lâchement renié Jésus, il aime Jésus en réalité. Et Jésus l’appelle à démontrer cet amour en prenant soin des autres disciples, jeunes et vieux. Désormais ce ne sera plus Pierre le Héros, la vedette publique, et le leader fort et courageux, mais ignorant de sa faiblesse. Ce sera plutôt Pierre le zéro dans le sens de serviteur des autres… le disciple concerné par l’avancement spirituel des autres plutôt que le sien… l’apôtre appelé à travailler dans l’ombre… à la suite de Jésus.

Enfin, ce que Jésus veut faire dans la vie des autres, leur appel particulier, ne nous concerne pas. Nous ne devons même pas nous en occuper, ni chercher à le savoir, encore moins à influencer par nos efforts ou nos paroles, même si on s’appelle l’apôtre Pierre. La seule chose qui aura un réel impact pour influencer les autres à suivre Jésus selon leur propre appel est notre propre obéissance à suivre Jésus coûte que coûte selon l’appel qu’Il nous lance. Tout ce que nous faisons en plus de cela risque de nuire. Gardons-nous à tout prix de jouer au Saint-Esprit dans la vie des autres, surtout si nous avons une certaine autorité spirituelle dans l’Église.

Autres lectures complémentaires :

Luc 5.1-11; Jean 18.15-27

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