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02/03/2008

Connaître, aimer, servir
Claude Noël



Introduction
Gilles Vigneault : Le doux chagrin
J'ai fait de la peine à ma mie (bis)
Elle qui ne m'en a point fait
Qu'il est difficile
refrain
Qu'il est difficile d'aimer, qu'il est difficile
Qu'il est difficile d'aimer, qu'il est difficile
En 23 ans de mariage j’ai souvent fredonné ce chant de Vigneault, précisément quand par manque de discernement des besoins de mon épouse, j’avais fait quelque chose qui l’avait blessée. Qu’il est difficile d’aimer…
Nous avons tous besoin d’être aimé. Nous avons tous besoin d’aimer. Mais qu’il est difficile d’aimer vraiment.
La famille nous donne un beau contexte pour aimer et être aimé. Et selon Jésus, la famille de l’Église nous donne un meilleur contexte encore…
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Mais comment peut-on aimer celui ou celle qu’on ne connaît pas?
Volontaire X … comment aimer X? (réponses…) comment blesser X sans le vouloir? (réponses…) Si vous ne connaissez pas X, vous risquez de la blesser même si vous désirez lui démontrer de l’amour. C’est vrai ou pas? Nous apprenons cela rapidement au moment où nous entrons dans une relation plus profonde avec quelqu’un. Et ça peut être très souffrant.
Alors que fait-on dans l’Église quand on ne veut pas blesser personne? On reste superficiel. Bonjour, ça va? Bonne semaine! Et pour les plus spirituels : que Dieu te bénisse! Ça vient du cœur, et c’est de bon cœur.
Mais est-ce que c’est cela aimer comme Jésus nous a aimé?
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Jésus a dit à ses disciples et à nous aujourd’hui il répète …
Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. Jean 13.34-35
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Si vous portez beaucoup de fruit, c'est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples. Comme le Père m'a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour. C'est ici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Jean 15.8-9, 12-13
Le contexte du premier passage c’est le lavement des pieds. Jésus avait pris la position d’un esclave non-Juif pour laver les pieds poussiéreux de ses amis. Personne ne l’avait fait parmi eux, l’esclave non-Juif n’était pas là, et Jésus s’était encore abaissé pour servir et rencontrer un besoin bien précis.
Le deuxième passage compare Jésus au tronc d’un arbre, et nous, ses disciples, à des branches. Jésus est le cep de la vigne de Dieu et nous sommes les sarments. L’idée enseignée c’est ceci : dans la mesure où nous demeurons dans l’amour de Jésus, nous sommes capables d’aimer comme Jésus a aimé. Cet amour est défini ici par donner sa vie pour ses amis. Et qui se résume à servir pour rencontrer les besoins de nos frères et sœurs.
Les deux textes déterminent ce qu’est un disciple de Jésus aujourd’hui… Aimer les frères et sœurs comme Jésus nous a aimé.
Alors peut-on vraiment aimer sans connaître? Et si aimer c’est servir, peut-on servir sans connaître les besoins des autres?
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Si je sortais mon bassin et ma serviette et commençais à laver vos pieds, comment vous sentiriez-vous? Mal à l’aise peut-être et avec raison… Je doute que vous vous sentiriez aimé, et parlant de pieds, vous ne mettriez peut-être plus jamais les pieds ici. Pourquoi? Parce que vous n’avez pas besoin qu’on vous lave les pieds. Mais les disciples du temps de Jésus, si!
Mais vous avez d’autres besoins! Nous avons tous besoin d’être aimé. Et être aimé c’est être rencontrés dans nos besoins tout le temps.
Vivre en relation avec quelqu’un qui nous aime tout le temps, et qui comble nos besoins même dans les petits détails, transforme notre vie en romance. Et nous sommes toujours joyeux, même dans la souffrance, parce que nous savons que nous sommes aimés.
C’est ainsi que se vit une relation saine avec Dieu, après avoir reçu la révélation de Dieu. Après avoir connu Dieu tel qu’il est dans l’expérience.
C’est ainsi que se vit parfois la vie de couple et de famille, quand l’amour et le pardon de Dieu est pleinement mis en pratique.
C’est ainsi que doit se vivre notre vie d’Église, entre frères et sœurs.
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Mais comment?
Comment aimer et être aimé par un frère, une sœur, que nous voyons une fois par semaine?
Comment combler les besoins de quelqu’un que je ne connais pas? Comment être comblés dans nos besoins quand on a jamais l’occasion de les partager. Et vous savez qu’on ne partage pas nos besoins les plus nécessaires en faisant une liste pour placer dans le bulletin ou sur le babillard. Alors comment?
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Et le rythme de vie d’aujourd’hui ne nous aide pas! Tout le monde court dans toutes les directions. Soyons réalistes! On n’a pas le temps de développer des relations profondes avec les gens de l’Église, c’est impossible. Mais avons-nous le temps de développer une relation plus profonde avec une personne ou quelques personnes de l’Église? Peut-être utiliser le téléphone plus souvent… juste pour prendre des nouvelles. Le contexte d’un petit groupe est idéal à mon avis, pour développer nos relations et arriver à vivre ce que Jésus attend de nous.
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Mais… la question est peut-être : le voulons-nous vraiment? Ce qui revient à dire : aimons-nous vraiment Jésus?
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C’est plutôt déprimant, n’est-ce pas, de réaliser qu’après tant d’années nous n’aimions pas Jésus plus que cela. Après tant de miracles de sa grâce, tant de patience et de fidélité, tant de petites touches de son amour à notre égard. On a pas de temps pour Jésus, pas de temps pour aimer les frères et sœurs. Pas de temps…
Et le pire c’est qu’on croit qu’on ne peut rien faire pour changer cela. À quoi bon essayer. On a tellement essayé.
Justement, peut-être que ça ne commence pas avec nos efforts, mais avec une manifestation de Dieu parmi nous. Sommes-nous prêts à une visite surprise de Jésus dans notre vie d’Église?
Jean 21.1-6
· Les disciples sont ensemble et ils n’ont rien à faire. Ils n’ont pas encore reçu la puissance pour faire quoi que ce soit, alors le leader, Pierre, dit : je m’en vais pêcher. Et les autres suivent.
· Après avoir vécu trois années intenses avec le Fils de Dieu, à voir les miracles, à entendre les paroles de la vie éternelle, à rencontrer même le Christ ressuscité, les disciples étaient revenus au cours normal des choses : la pêche. Toute cette expérience extraordinaire avec Jésus pour revenir à la case départ : la pêche, et les mêmes problèmes de la pêche. Travailler toute une nuit pour ne rien prendre. Est-ce cela le résultat final d’avoir tout quitté pour suivre Jésus? Rien ne semble avoir changé. Alors on revient à la pêche. C’est t’y juste ça suivre Jésus?
o Aujourd’hui, dans nos vies, quand rien ne semble avoir changé après tant de prière et de sacrifices, c’est déprimant! Tout ça pour ça?
· Et Jésus se manifeste par surprise. Et si vous ne le connaissez pas, il est presque insultant : n’avez-vous rien à manger? demande-t-il aux disciples. Non! On a rien à manger. Rien de plus humiliant pour un pêcheur bredouille que de se faire demander : puis, as-tu pris quelque chose? Surtout quand celui qui vous le demande a du poisson qui frit sur le feu. Mais rassurez-vous Jésus n’insulte jamais. C’est parce qu’on ne le connaît pas qu’on a l’impression qu’il nous insulte ou qu’il ne nous aime pas ou qu’il ne prend pas soin de nous… Jésus pose cette question pour que les disciples réalisent qu’ils n’ont rien par leurs forces, et que Lui a ce qu’ils ont besoin.
o Et Jésus permet des situations semblables dans nos vies pour que nous réalisions notre besoin de Lui. Pour que nous comprenions que tout commence avec Lui. Il faut savoir attendre sa visite surprise. L’initiative vient de lui et nous répondons à son initiative. Mais il faut être humble, simple comme un enfant, et toujours prêt.
· - Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. Les disciples ne posent pas de question du genre : d’où sé qui sort, lui? Il se prend pour qui, lui? Aucune question, aucune hésitation, action! Et immense bénédiction! Renversant. (en effet, la barque aurait pu renverser)…

Jean 21.7-8
C’est le Seigneur! Jean a le don du discernement mieux que Pierre.
Pierre le réalise grâce à Jean. Il met son vêtement (pour mieux travailler à tirer un lourd filet, il s’était dégagé de sa tunique) et se met à marcher sur l’eau… mais il termine dans l’eau. 95 mètres de nage et de marche. Cré Pierre. Si extrémiste. Son amour pour le Seigneur lui faisait faire des folies. Une chose est sûre, il ne s’inquiétait pas de ce que ses amis pensaient de lui. De toutes façons, ils le connaissaient bien et ils étaient toujours avec lui. Et c’est cet expressif excessif que le Seigneur a choisi pour être le berger de ses brebis. May, Seigneur… Il avait d’autres qualités.
Les autres disciples semblent moins flyés que Pierre. Une chance! Ça prend des gens équilibrés dans l’Église pour rapporter les poissons sur le bord du rivage. Imaginez si ils avaient suivi Pierre comme des petits chiens. Tous à l’eau. Non. Cela ne correspondait pas à ce qu’ils étaient dans leur être. Alors suivre Pierre s’arrêtait là. Et c’est correct. De toutes façons, nous sommes appelés à suivre Jésus-Christ et non un homme seulement.

Jean 21.9-
Rendus à terre, on dirait d’une scène de la série Perdus (Lost). Ils débarquent du bateau, voit de loin cet homme qu’ils ne semblent pas connaître tout en sachant qu’Il est Jésus, il y a là un feu qui fume, et du poisson frais qui cuit sur le feu, et du pain. C’est tôt le matin.
Et cet homme dit : Apportez des poissons que vous venez de prendre.
Et mon Pierre, comme d’habitude, répond tout de suite. Il se rend au bateau et dans sa façon si intense tire tout le filet de poissons sur le rivage. Je l’imagine intense, un peu comme un enragé, forçant et tirant tout le filet hors de la barque. Un peu comme s’il avait besoin de réaliser pour lui-même ce qu’il désire tellement vivre en relation avec Jésus. - Mais Pierre, un autre disciple aurait pu dire, Jésus avait juste demandé d’apporter des poissons, pas tous les poissons. On ne les mangera pas tous.
- Venez manger.
Jésus s’approche d’eux. Prend du pain et le leur donne.
C’est ainsi que Jésus s’est manifesté à ses disciples pour une troisième fois après sa résurrection.
Application : Jésus va encore se révéler à vous et à moi, et il va encore se manifester à nous en tant qu’Église. Il le fait souvent par surprise, et nous devons alors obéir aussitôt à Sa parole. Jésus va encore pourvoir à nos besoins de base. Le pain et le poisson viennent de Lui directement. Et Jésus va encore s’approcher de nous dans nos circonstances particulières. Il fait le premier pas. Et nous devons obéir encore et accepter ses soins envers nous.
Ça commence comme ça.
Ce n’est pas nous qui faisons d’abord les efforts pour vivre une vie d’Église satisfaisante. Connaître Dieu afin de l’aimer et le servir, ne commence pas avec nous, mais avec une révélation de Dieu. Connaître les frères et sœurs afin de les aimer et les servir, ne part pas de nous, mais de Jésus qui nous rencontre dans nos besoins d’abord. Connaître notre prochain afin de l’aimer et le servir, ne vient pas de nos forces mais de la force que l’Esprit de Dieu nous communique parce que nous marchons proches de Jésus.
Notre amour et notre service commence toujours par une rencontre avec Jésus qui se manifeste à nous. Nous avons besoin de recevoir de Lui un amour personnel qui se manifeste dans des soins particuliers que nous avons besoin, avant de pouvoir aimer Dieu, l’Église et le prochain.
Jésus prend soin de nous d’abord. Il parle et c’est pour nous, nos besoins. Ensuite, il nous appelle à aimer et à servir.

Jean 21.15

Imaginez si notre assemblée recevait une visite surprise de Jésus.
Moi, je le veux. Et vous?

J'ai fait de la peine à ma mie (bis)
Elle qui ne m'en a point fait
Qu'il est difficile
refrain
Qu'il est difficile d'aimer, qu'il est difficile
Qu'il est difficile d'aimer, qu'il est difficile
Elle qui ne m'en a point fait (bis)
Et moi qui tant en méritait
Qu'il est difficile
Et moi qui tant en méritais (bis)
Je sais mamie vous m'en ferez
Qu'il est difficile
Je sais ma me vous m'en ferez (bis)
Car depuis long de temps je sais
Qu'il est difficile
Car depuis long de temps je sais (bis)
Que sans peine, il n'est point d'aimer
Qu'il est difficile
Que sans peine, il n'est point d'aimer (bis)
Et sans amour, pourquoi chanter
Qu'il est difficile

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