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12/11/2006

Recevoir pour pardonner
Claude Noël



INTRO
Collectionneur. Monnaies, timbres, cartes de hockey, bouteilles, paquets d’allumettes. Maintenant je pense que je collectionne des livres à voir mon bureau. Et je pense qu’il n’y a rien de mal à collectionner des choses, tant que le Seigneur est maître de la collection comme le reste.
Mais il y a un type de collection qui est un vrai problème. Une collection qui nous met comme dans une prison habitée par des êtres qui nous tourmentent nuit et jour. Ces tourmenteurs intérieurs sont la colère, la rancœur, le désir de vengeance, le ressentiment, ou encore des pensées déprimantes comme les pauvre-de-moi, si seulement j’avais su, si seulement j’avais pu, si seulement j’avais eu. Cette collection qui nous affecte profondement c’est la collection de ce que les autres nous doivent.
C’est quand on dit : Il aurait dû m’aimer, mais il m’a ignoré, je lui en veut encore. Il aura toujours une dette envers moi. Elle aurait dû me consoler, elle n’a pensé qu’à elle, je lui en veut encore. Elle aura toujours une dette envers moi. Il m’a volé, il m’a abusé, il m’a ridiculisé, il m’a brisé, il m’a laissé tomber, il m’a abandonné, il m’a fait mal. Sept dettes que celui-là me doit. Un autre 10. Un autre 2, mais deux grosses. Collectionneur de ce que les autres nous doivent depuis notre tendre enfance. Nous sommes collectionneurs de dettes. Et cette collection nous emprisonne dans des sentiments de haine, de culpabilité et de désespoir. Est-ce possible d’être libre de ces sentiments qui nous détruisent de l’intérieur? Oui.
TOUT COMME ON ACCORDE LE PARDON À UN CRIMINEL QUI A UNE DETTE ENVERS LA SOCIÉTÉ, DIEU NOUS ACCORDE LE PARDON POUR TOUTES NOS DETTES ENVERS LUI ET ENVERS LES AUTRES.
Matthieu 18.21-35


Alors Pierre s'approcha de lui, et dit:
Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il péchera contre moi? Sera-ce jusqu'à sept fois? Jésus lui dit: Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois.
C'est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n'avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu'il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu'il avait, et que la dette fût acquittée. Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit: Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. Ému de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette. Après qu'il fut sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit et l'étranglait, en disant: Paie ce que tu me dois. Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant: Aie patience envers moi, et je te paierai. Mais l'autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu'à ce qu'il eût payé ce qu'il devait. Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s'était passé. Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit: Méchant serviteur, je t'avais remis en entier ta dette, parce que tu m'en avais supplié; ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j'ai eu pitié de toi? Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il eût payé tout ce qu'il devait. C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son coeur. Matthieu 18.21-35
PRIONS : Notre Père qui es au cieux, toi qui est présent ici par Ton Esprit en Jésus-Christ, pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Libère-nous, Seigneur, de ces sentiments de culpabilité et de honte qui nous affligent de l’intérieur. Et que de plus en plus, jour après jour, nous apprenions à connaître ton amour qui est inconditionnel envers nous. AMEN.

L’apôtre Pierre, le leader de la gang, voulait savoir quand il pouvait commencer à collectionner des dettes. Dès le départ ou après sept péchés pardonnés. Jésus dit : non, seulement après 490.
Je ne sais pas si c’est de même pour vous, mais personnellement je n’en connais pas un qui m’en doit 491. 491 dettes envers moi, soyez tranquille, je n’arrive pas à mettre un seul nom.
Pourquoi est-ce si important de pardonner de tout son cœur ceux qui nous ont fait du mal? Pourquoi Jésus insiste-t-il tellement là-dessus? Tellement qu’il l’a même placé dans la prière du Notre Père :
Notre Père qui es aux cieux! Que ton nom soit sanctifié; que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien; pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés; ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin. Car c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen! Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. Matthieu 6.9-15
Quoi? Qu’est-ce que tu dis Jésus? Si je ne pardonnes pas aux hommes qui m’ont fait mal, mon Père céleste ne me pardonnera pas? Est-ce que le pardon que j’ai bésoin de Dieu dépend de mon pardon envers les autres? Si tel est le cas, ce n’est plus la grâce mais une religion de bonnes œuvres. Je fais une bonne œuvre de pardonner et Dieu me pardonne. Est-ce cela, Jésus? Non, vraiment pas.
Tu reçois le salut comme un don de Dieu, un don de grâce, en recevant Jésus le Sauveur, le sanctificateur, le guérisseur divin et le roi et Seigneur. Jésus te sauve par le moyen de la foi. Tu n’as aucun mérite, c’est un don de Dieu.
Mais pour être libéré de sentiments qui te détruisent de l’intérieur, tu dois être capable de recevoir le pardon de Dieu au niveau de tes sentiments profonds. Le pardon de Dieu doit pénétrer jusqu’au centre de ton âme, là où tes sentiments trouvent leur source. Dieu veut te guérir là. Mais tu ne pourras pas recevoir ce pardon libérateur de Dieu, si tu ne pardonnes pas INCONDITIONNELLEMENT à ceux qui t’ont fait du mal. Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. Ce n’est pas que Dieu ne veuille pas nous pardonner, au contraire, mais nous empêchons volontairement le pardon de Dieu de nous atteindre au niveau où nous refusons de pardonner sans condition à ceux qui nous ont blessés.
Illustration : Nos cœurs me font penser à des vases d’argile. Avec les années, les blessures, les déceptions, le mal qu’on nous a fait, tout cela est descendu profondément dans le fond de nos cœurs et nous a marqué, a laissé des taches. Et ces taches se sont durcies avec le temps, et avec d’autres coups reçus par les autres qui étaient importants pour nous : un parent, un frère, une sœur, un chum, les taches sont devenues tellement grosses et épaisses que du pus en est sorti. Et pour nous protéger parce qu’on n’en pouvait plus d’être blessés, il s’est formé une croute au-dessus des taches. De sorte que très peu de gens le savent aujourd’hui, parce que la croute cache bien la douleur, le ressentiment et les sentiments de honte et de dépression présents dans le fond de notre cœur. Même l’amour de Dieu ne semble pas pénétrer. Tout reste sur le dessus de la croute. Nous savons que Dieu veut nous guérir, alors pourquoi ne le fait-il pas? Parce que mon cœur est fermé par une croute protectrice. Je dois faire des trous dans la croute pour que l’amour de Dieu coule et me guérisse profondément. Comment faire des trous? En pardonnant de tout mon cœur chaque personne qui m’a blessé.
REGARDEZ ET ÉCOUTEZ!
QU’EST-CE LE ROI FAIT À CELUI QUI AVAIT UNE ÉNORME DETTE ENVERS LUI?
Ému de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette.
AVONS-NOUS BIEN ENTENDU?
Ému de compassion, le maître le laissa aller, et lui remit la dette. Tu ne me dois plus rien. Plus rien. Tu es libre.
Cet homme c’est vous et moi devant Dieu.
Nous avons une dette envers lui et envers les autres qui totalise 10 000 talents ou 10 millions de dollars. Maintenant, plaçons ces chiffres en perspective. À l’époque de Jésus, les Romains percevaient des taxes en Palestine. Les taxes annuelles perçues dans les provinces de Judée, de l’Idumée, de la Samarie, de la Galilée et de Pérée totalisaient 800 000 $. Et Jésus dit que nous devons à Dieu 12 fois plus que le montant des taxes annuelles de ces cinq provinces. Comment rembourser au roi 10 millions de dollars quand tu gagnes quelques sous par jour en tant qu’ouvrier?
Le point de Jésus est clair. Tu ne seras JAMAIS capable de rembourser ta dette envers Dieu. C’est IMPOSSIBLE. Oublie tes efforts.
Alors le roi décide de vous vendre comme esclave. Vous, homme et femme avec les enfants, avec tous vos biens, vendus pour acquitter votre dette personnelle envers le roi. Vendus à un maître étranger qui va vous utiliser comme un objet pour son service.
Non! Vous vous jetez à ses pieds et vous le suppliez de vous donner un délai. Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. Portez une attention particulière ici. Le serviteur demande au roi un certain type de miséricorde. Il demande la grâce d’avoir plus de temps, un délai, pour payer. Mais le roi ne lui donne pas ce que le serviteur demande, il lui donne infiniment plus. Il annule la dette.
Illustration : Montrer une feuille écrite sur un côté. Imaginez que je suis un créancier envers vous. Ce papier légal dit que vous me devez des milliards de dollars. Je décide de me porter acquéreur de tous vos biens. Mais vous me suppliez de vous donner du temps pour payer. Mais je suis ému de compassion et je déchire le contrat. Tiens, tu ne me dois plus rien.
Mais vous vous tournez de bord et en sortant vous rencontrez un de vos chums qui vous doit 5 $. Et un autre 10$. Un autre encore 50$. Un autre 200$. Quelle devrait être votre réaction?
Si nous demandons aux autres de nous remettre ce qu’ils nous doivent en gardant du ressentiment envers eux, c’est une indication que nous n’avons pas reçu le pardon de Dieu. Dieu nous a pourtant remis en entier notre dette envers lui, mais nous ne voulons pas l’accepter au niveau de nos sentiments les plus profonds. Nous pensons que Dieu nous regarde et il s’attend à ce qu’on lui remette notre dette, petit à petit, en faisant de bonnes actions à son égard comme lire sa Bible, prier, témoigner, donner sa dîme et servir dans l’Église ou hors de l’Église. Et c’est pesant, mais faut bien remettre sa dette envers Dieu.
Alors quand d’autres nous en doivent, on ressent un profond sentiment qu’ils doivent nous remettre ce qu’ils nous doivent. On a besoin de ressentir profondément qu’ils nous remettent ce qu’ils nous doivent. C’est comme un besoin profond qu’ils nous remboursent. Mais ils ne le font pas et ne le feront jamais pour la majorité. Alors nous avons le goût de les prendre tous par la gorge et de les jeter en prison un après l’autre. Et c’est juste qu’ils me remboursent ainsi. Au moins je peux avoir le plaisir de savoir que le jugement est tombé sur eux. Que justice soit faite.
Méchant serviteur, je t'avais remis en entier ta dette, parce que tu m'en avais supplié; ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j'ai eu pitié de toi? Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il eût payé tout ce qu'il devait. C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son coeur.
Si nous faisons payer les autres qui nous en doivent, c’est sûr que nous allons aussi payer à Dieu ce que nous lui devons. Nous allons payer cher en vivant les effets de toutes sortes de conflits non résolus dans nos vies. Conflits non résolus avec Dieu, avec un parent, un époux, etc.
Dieu veut nous libérer de ces souffrances. Et il nous libère en nous remettant en entier notre dette envers lui.
Tu ne me dois plus rien! Ta dette est annulée. Entre dans la joie de ton maître. Tu es libre.

Histoire finale, témoignage d'Hélène B. R.

Mon amour de la musique m’a été inculqué en grande partie par mon père. Il aimait toute sorte de musique, le big band, l’opéra, Caruso, Maria Calas, les chanteurs de charme, les chanteuses de cabaret, le bavarois, dont il nous emplissait les oreilles aux partys de Noël et du Nouvel An, Dalida, Mireille Mathieu, Gibert Bécaud, Sacha Distel, Patof le clown…

Si je me suis toujours associée aux goûts musicaux de mon père, ce dernier n’a pas toujours compris ceux que j’ai développés à l’adolescence pour le rock progressif et les chanteurs à contre courant comme Plume Latraverse. « On a chacun nos p’tites misères, qu’il disait le beau Plume, mais faut pas s’en faire un calvaire. » À l’époque où j’écoutais du Plume, j’habitais en haut de la taverne Chez Phil à Limoilou, un quartier de la basse-ville de Québec. J’avais aussi mes p’tites misères et j’arrivais bien mal à ne pas m’en faire un calvaire. Trente ans plus tard, je me retrouve au Manitoba avec un mari, trois ados et tout un lot de p’tites misères.

Peu après notre arrivée au Manitoba, en 1999, nous avons reçu le diagnostique : dystrophie musculaire des ceintures. Notre fille de neuf ans, Rosalie (nom réel), allait bientôt perdre une grande partie de ses forces. Trois ans plus tard, une fracture à la cheville allait la clouer à un fauteuil roulant électrique, n’ayant pas dans les bras la force suffisante pour se pousser.

Il y a plus de trois ans maintenant que je suis rentrée à la maison pour m’occuper de la rendre accessible et pour être là pour les enfants. J’étais devenue mal à l’aise de devoir si souvent m’absenter pour rencontrer un médecin ou un entrepreneur. J’avais aussi mal partout à force de m’occuper de la petite, de la transférer d’un siège à l’autre, de la soulever à bout de bras sur le siège trop haut de notre fourgonnette, de la porter sur mon dos à l’étage où se trouvait sa chambre. Au royaume des planchers en contrebas, nous n’arrivions pas à trouver un plein pied suffisamment grand pour accueillir confortablement notre famille et un fauteuil roulant. Nous nous sommes enfin résolus à faire les démarches pour obtenir un ascenseur. En mars 2005, nous avions une fourgonnette accessible. Huit mois plus tard, nous recevions l’ascenseur.

Comme bien des mères à la maison, je ressens souvent le besoin de me valoriser. Je me fais parfois penser à un enfant de dix ans sur la plate-forme d’une piscine en train de crier « Regardez ! Regardez ! Je vais plonger. » J’étais dans cet état d’âme lorsque, en chemin pour chercher ma fille à l’école, j’ai entendu l’animatrice de Carte Blanche expliquer que CKSB faisait un concours et que pour être admissible au tirage, il fallait réussir à identifier l’interprète de la chanson qu’elle allait faire jouer. Ce jour-là, c’était Michel Louvain, la coqueluche des jeunes filles du temps où ma mère en était une. Bingo ! J’avais trouvé le moyen idéal de booster mon égo. Avec l’éducation musicale que j’avais reçue à la maison, j’allais sûrement exceller à ce jeu. Je n’avais aucune idée du prix offert. Je pensais que ce serait des billets pour Cinémental qui approchait. Ils ont pris mon nom, mon numéro de téléphone. Je n’ai pas posé de questions. Quand ma fille est arrivée, je me suis vite vantée d’avoir pu identifier le chanteur. Le lendemain, ça été la même chose ainsi que le reste de la semaine. La semaine suivante, je n’avais pas encore eu (pris) le temps d’aller lire les détails du concours sur le site Web de Radio Canada quand l’animatrice a expliqué que le prix du concours était un voyage d’une semaine pour deux en Alsace, toutes dépenses payées. J’étais déjà allée en Suisse mais tant pis. (Je ne suis pas très calée en géographie.) Mais comment allais-je faire pour y aller si je gagnais ? Je ne pouvais pas laisser ma fille seule. Si je partais avec elle, ce serait compliqué pour moi, pas du tout un repos, et les deux autres allaient être jaloux. De toute façon, c’était quoi les chances que je gagne ? J’ai vite oublié le prix et j’ai continué à jouer pour le simple plaisir de pouvoir me vanter. Incroyable le peu que ça prend pour que je me sente valorisée. C’est à ce niveau que je suis descendue à force de ne recevoir ni salaire ni encouragement pour tout mon travail. J’en suis venue à quémander les compliments, à pousser mari et enfants à me complimenter pour tout ou rien. « Ah bin… On doit pas avoir les même papilles parce que moi, je trouve ça pas mal bon c’que j’mange (et pourtant, j’entends personne se pâmer) ».

Dimanche soir dernier, après une fin de semaine de fous à me coucher passé une heure à faire les préparatifs pour le onzième anniversaire de ma plus jeune, je me suis emportée contre celle-là même qui ne voulait pas se coucher alors que moi, je n’aspirais qu’à ça. Lorsque j’ai enfin retrouvé mon lit, j’étais découragée de moi, de ce que j’étais devenue : une folle qui passe son temps à crier et dont le langage salé pourrait faire rougir un marin. J’en voulais à Dieu de m’avoir envoyé un enfant handicapé qui me sapait toute mon énergie, me prenait tout mon temps libre et allait même jusqu’à me réveiller plusieurs fois la nuit. Je me suis endormie sans lire, trop brûlée, trop frustrée. Le lendemain, je me suis levée un peu triste mais résolue à faire un effort pour contrôler mes paroles et le ton de ma voix. J’ai prié Dieu de m’aider, sachant trop bien que seule, je n’allais pas y arriver. J’étais en train d’aider ma fille à faire sa toilette quand le téléphone à sonné. « Hélène... c’est pour toi. Un homme qui parle français. » Un homme qui parle français… « Bonjour ! ici... de CKSB. » NON ! J’ai su tout de suite pourquoi il appelait.

Ces évènements de la vie, je les appelle des clins d’œil de Dieu. On les reçoit souvent quand on a frappé le fond et qu’on a enfin le réflexe de tourner notre regard vers Dieu. Ça fait plus de quinze ans que j’ai donné ma vie au Seigneur. Depuis quelques années, bien des gens qui m’observent pourraient difficilement deviner que je suis chrétienne. J’accepte mal mon épreuve et je boude Dieu. Ceux d’entre vous qui ont connu la grâce de Dieu comprendront comment je me suis sentie en rentrant d’aller conduire ma fille le matin de la victoire quand je me suis enfin arrêtée pour saisir la portée de ce qui m’arrivait. J’ai compris, une fois de plus, l’ampleur de l’amour de Dieu pour moi, la méchante moi qui passe son temps à le bouder, à lui crier après, à rejeter la bénédiction qu’il m’a donnée en permettant que je devienne mère. J’ai pleuré comme le bébé que je suis demeurée dans mon cheminement avec Dieu.

Dieu nous donne la grâce qui va avec l’épreuve. Il nous donne Sa grâce. Celle par laquelle il continue de faire pleuvoir les bénédictions sur les indomptables pécheurs que nous sommes. « Je suis tellement contente » que j’ai dit à l’animateur qui m’a annoncé que j’étais gagnante. En fait, ce dont je suis tellement contente, c’est d’avoir un Dieu qui ne m’abandonne pas, même quand j’ai été la pire des ingrates. Je termine en citant je ne sais plus qui (je n’ai aucune mémoire des noms) : « C’est quand il est le moins aimable qu’un enfant a le plus besoin d’être aimé. » Merci Seigneur ! Moi aussi j’t’aime.

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