Aux pieds du Maître 2016 : semaine 39 (du 3 au 9 octobre 2016)

Aux pieds du Maître 2016 : semaine 39 (du 3 au 9 octobre 2016)

1. Lecture des textes : Matthieu 8.1-4; Marc 1.40-45; Luc 5.12-16
2. Méditation :

Ce qu’un lépreux peut nous apprendre sur la prière... (par Maurice P., ancien)

Ce message est la suite de celui de la semaine dernière, nous allons par contre explorer un axe différent. Le texte que nous allons regarder aujourd’hui met en lumière des éléments importants au niveau de l’attitude à adopter lors de nos demandes. Nous allons aussi, au passage, noter la réponse de Jésus. La semaine dernière nous avons vu que ...

« Le but ultime de Dieu est de nous rendre semblable à Christ (1Jn3.2). Au fur et à mesure que notre ressemblance avec lui s’affirme, nous découvrons notre vraie identité et la personne que Dieu nous appelle à être. »

La prière est un des moyens pour atteindre ce but.



Matthieu adresse son évangile aux Juifs et cherche à leur démontrer que Jésus est le Roi promis dans l’Ancien Testament.

C’est la raison pour laquelle il commence par la généalogie, pour montrer que Jésus est le descendant de David et d’Abraham.

Il parle de la naissance de Jésus, en notant au passage les prophéties de l’Ancien Testament qui trouvaient leur accomplissement dans ces événements. Il ne se gêne pas pour décrire l’intervention des anges.

Par le baptême de Jésus, il fait du ministère de Jésus celui qu’a préparé Jean Baptiste.

Il évoque les tentations de Jésus au désert comme un test qui le qualifiait pour son ministère.

Le sermon sur la montagne est ensuite présenté comme un résumé de l’enseignement de Jésus.

Il ne faut pas voir dans l’évangile de Matthieu un récit dont la chronologie est respectée, Matthieu développe plutôt des thèmes. Dans cet évangile se trouve par la suite la description de trois séries de trois miracles, chaque série est entrecoupée d’enseignements de Jésus. Aujourd’hui, nous allons nous attarder au premier miracle de la première description.

L’homme que nous rencontrons dans ce texte vit en marge de la société, sa condition est pitoyable, il est socialement exclu. Matthieu lui-même vivait en marge de la société. Est-ce la raison de sa sensibilité, ou de l’importance qu’il accorde à ce miracle ? Il aurait pu en choisir d’autres, je cite les versets 29 à 31 du quinzième chapitre de l’évangile de Matthieu:

29 Jésus quitta cet endroit et vint sur les bords du lac de Galilée. Il monta sur la montagne et s'y assit. 30 Une grande foule s'approcha de lui; il y avait parmi eux des boiteux, des aveugles, des muets, des estropiés et beaucoup d'autres malades. On les amena aux pieds de Jésus et il les guérit, 31 de sorte que la foule était émerveillée de voir les muets parler, les estropiés être guéris, les boiteux marcher, les aveugles voir, et elle célébrait la gloire du Dieu d'Israël. Mt 15.29-31

Donc, parmi tous les miracles que Jésus a faits, Matthieu a fait une sélection, ils ne sont pas nécessairement en ordre chronologiques non plus. D’ailleurs le premier miracle relaté dans l’évangile de Matthieu est le quatrième dans l’évangile de Marc.

À la fin de la première série, Matthieu nous dévoile le but qu’il poursuit lorsqu’il relate les miracles de Jésus. Il cite le prophète Esaïe pour montrer que les miracles de Jésus sont l’accomplissement d’une prophétie de l’Ancien Testament :

Ainsi s’accomplit ce que le prophète Esaïe avait annoncé: Il a pris nos faiblesses et il s’est chargé de nos maladies. Mt 8.17

Plus loin, en réponse à la question de Jean-Baptiste : 3 «Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?» 4 Jésus leur répondit: «Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez: 5 les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. 6 Heureux celui pour qui je ne représenterai pas un obstacle!» Mt 11.2-6

Je vous rappelle que Matthieu poursuit le même but tout au long de son évangile: démontrer que Jésus est le Messie, le Roi dont la venue était annoncée par les prophètes.

Afin de saisir pleinement la signification du texte que nous allons étudier, il était important de bien comprendre la situation de cet homme et tous les impacts négatifs de sa maladie.

La lèpre est une maladie de la peau beaucoup plus commune à l’époque qu’elle ne l’est aujourd’hui. L’équivalent pour nous ce serait le SIDA lorsqu’il a été découvert et que l’on ne savait pas trop comment cette maladie se transmettait. Tout le chapitre 13 du Lévitique est consacré à la lèpre et le chapitre 14 est consacré au rituel de purification lorsque la personne était guérie. Nous n’avons pas le temps de regarder ces passages, cependant dans notre texte, Jésus parle sévèrement à la personne guérie, lui demandant d’aller vers le prêtre afin qu’il fasse ce qui est demandé dans la loi juive, c’est-à-dire, dans ce cas-ci les sacrifices demandés au chapitre 14 du livre de Lévitique. Les règles de purification sont bien établies dans la Loi juive. C’était une maladie dont les chances de guérisons étaient minces. Jésus lui-même le mentionne en utilisant cet exemple en réponse aux pharisiens: Il y avait aussi de nombreux lépreux en Israël à l'époque du prophète Elisée, et cependant aucun d'eux n'a été purifié, mais seulement Naaman le Syrien Luc 4.27

Il est important de noter que la loi ne demandait pas de rencontrer un médecin mais un prêtre, parce que la lèpre n’était pas considérée comme une maladie mais plutôt comme l’expression d’un péché dans la vie de la personne.

Dans Nombres 5.1-4: L'Eternel dit à Moïse: 2 «Ordonne aux Israélites de renvoyer du camp tout lépreux et toute personne qui a un écoulement ou est souillée par un mort. 3 Hommes ou femmes, vous les renverrez à l'extérieur du camp, vous les renverrez afin qu'ils ne souillent pas le camp au milieu duquel je demeure.» 4 C'est ce que firent les Israélites: ils renvoyèrent ces personnes à l'extérieur du camp; les Israélites agirent comme l'Éternel l'avait ordonné à Moïse.

Donc, les lépreux n’avaient pas le droit d’habiter avec les autres, ils devaient rester à l’extérieur de la ville, tel que mentionné aussi dans 2Rois 7.3 : Il y avait à l'entrée de la ville quatre lépreux qui se dirent l'un à l'autre: «Pourquoi rester ici jusqu'à notre mort? Ils étaient donc socialement complètement exclus. Ils vivaient ensemble en retrait et attendaient la mort parce que cette maladie était incurable, seule une intervention divine pouvait sauver le malade.

Même leur tenue vestimentaire témoignait de leur état. Au chapitre 13 de Lévitique on peut lire: 45 « Le lépreux atteint de la plaie portera des vêtements déchirés et aura la tête nue; il se couvrira la barbe et criera: 'Impur! Impur!' 46 Aussi longtemps qu'il aura la plaie, il sera impur. Il est impur. Il habitera seul et sa tente sera à l'extérieur du camp. »

Le lépreux devait porter des vêtements déchirés en signe de deuil tout son corps étant perpétuellement dans le péché. Il devait avoir la tête dévêtue parce qu’il est continuellement sous le jugement de Dieu. La barbe qui est la fierté des hommes de cette époque devait être cachée, donc, vraiment tout pour qu’il se sente humilié.

Lire Matthieu 8, versets 1 à 4.

C’est très dense, tout se passe en 4 versets. Il faut vraiment s’attarder à chaque mot. Le texte va comme suit:

Lorsque Jésus fut descendu de la montagne, une grande foule le suivit. Alors un lépreux s'approcha, se prosterna devant lui et dit: «Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre pur.» 3 Jésus tendit la main, le toucha et dit: «Je le veux, sois pur.» Aussitôt il fut purifié de sa lèpre. 4 Puis Jésus lui dit: «Fais bien attention de n'en parler à personne, mais va te montrer au prêtre et présente l'offrande que Moïse a prescrite, afin que cela leur serve de témoignage.»

Reprenons étape par étape: c’est tout de suite après le sermon sur la montagne selon ce que nous relate Matthieu. Pendant que Jésus descend de la montagne et que la foule suit derrière lui, un homme vient vers lui. Cet homme n’était pas dans la foule, il ne pouvait pas y être, il était lépreux. Il n’a pas crié : Impur ! Impur ! comme lui demandait la loi juive. Il s’est tout de suite précipité vers Jésus. Il sent en Jésus un amour et une tendresse qui lui permettent de s’approcher de lui sans craindre de représailles. Il sait que Jésus n’a ni peur de lui, ni honte de s’associer à lui, même si pour tous les autres, il est le péché incarné.

Après s’être approché, il démontre sa révérence: il se prosterne devant Jésus, comme pour l’adorer. Il reconnait aussi que Jésus est puissant, il l’appelle Seigneur, pas seulement en signe de salutation, comme si nous disions « Monsieur », mais en signe de reconnaissance de sa divinité, en un certain sens, il croit être en présence de Dieu et il reconnait que Jésus a la capacité de le guérir parce qu’il dit : si tu le veux, tu peux me rendre pur. Il laisse du même coup le choix à Jésus de le guérir ou nom, de ce fait, il reconnait sa pleine souveraineté. Il dit : « tu peux, » donc il a la foi que Jésus à le pouvoir de le guérir. C’est le sommet de la foi, la conviction absolue que Dieu en est capable, doublée de l’humble soumission à sa souveraineté dans l’exercice de sa puissance. Il sait que Jésus n’est pas obligé de le guérir, mais il sait également qu’il en est parfaitement capable.

Confiance, révérence, foi: quelle leçon!

Application : avons-nous une telle attitude quand nous nous approchons de Jésus avec nos demandes?

Cet homme qui extérieurement est le plus répugnant qui puisse exister, qui socialement n’a aucune valeur, a intérieurement l’attitude que Jésus recherche. Cet homme qui ne pouvait pas aller à la synagogue pour entendre la lecture des textes et prier avait développé intérieurement une meilleure attitude que les pharisiens. N’est-ce pas pour cela que Jésus a insisté pour qu’il aille vers le prêtre ? Est-ce que c’est cela que Jésus voulait dire « afin que cela leur serve de témoignage » ? Jésus, lui-même disait qu’il n’était pas là pour abolir la loi mais plutôt pour l’accomplir. Il voulait que le lépreux se soumette aux règles de purification de Lévitique 14 et il voulait aussi que le prêtre soit témoin de sa guérison. Il désirait que le prêtre soit le premier à constater sa guérison, mais le lépreux n’a pas écouté la recommandation de Jésus. La conséquence est par la suite Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans les villes. (Mc 1.45)

Avez-vous remarqué que le lépreux ne demande pas à être guéri ! Assez paradoxal, n’est-ce pas ? Cela fait partie de son attitude respectueuse. Il dit: « si tu le veux, tu peux me rendre pur ». Il ne fait pas référence à sa maladie non plus, il parle de pureté. Il fait référence au péché plus qu’à la maladie. C’est là-dessus que nous pouvons nous reconnaître en lui. Jésus nous offre la purification de nos péchés, plus que la guérison de la maladie. C’est ici un exemple assez éloquent, Jésus dira par rapport au paralytique: « Qu’est-ce qui est le plus facile à dire: tes péchés sont pardonnés, ou : lève-toi et marche ? »

La lèpre engendre la destruction physique, la laideur, la séparation sociale. De même que la purification de la lèpre rétablit la communion avec les autres, la purification du péché rétablit la communion avec Dieu. La lèpre était pratiquement incurable, mais Jésus est le remède contre le péché.

En résumé, le lépreux s’approche avec assurance parce qu’il croit que Jésus est compatissant, avec révérence parce qu’il croit que Jésus est Dieu, et avec humilité parce qu’il croit que Jésus est souverain et avec foi parce qu’il croit que Jésus a le pouvoir de le guérir.

En réponse, Jésus le touche. Est-ce que Jésus avait besoin de le toucher pour le guérir ? Non ! Il est guéri par la parole de Jésus: « Je le veux, sois pur ». Le passage suivant dans l’évangile de Matthieu relate comment le serviteur du Centenier a été guéri à distance sans même que Jésus s’approche du malade. La guérison des dix lépreux relatée dans l’évangile de Luc (Lc 17.11) se fait aussi à distance. C’est par pure compassion que Jésus le touche, pour l’encourager, pour lui montrer qu’il ne le rejette pas. D’ailleurs selon la loi, Jésus s’est rendu impur en le touchant. Mais Jésus est Dieu, il est au-dessus de la loi.

Quel est un lien avec notre vie de prière ? La guérison du lépreux n’a pas de lien direct avec la prière, cependant, elle nous donne un exemple par rapport à notre attitude et notre approche de Dieu dans la prière.

Applications : Est-ce que dans mes prières, je revendique? Est-ce que je laisse à Dieu la pleine souveraineté sur ce que je demande?

Fais de l’Éternel tes délices et il te donnera ce que ton cœur désire, est-ce que mon cœur désire des plaisirs charnels ou est-ce qu’il désire ce que Dieu veut parce que mon cœur a été transformé à la ressemblance de son Fils?

Lorsque Dieu répond à ma prière, est-ce que fais comme le lépreux ou je me contente simplement de faire ce que Dieu me demande?

Sun 2 Oct 2016, 22:35pm

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